Signature du Protocole d’accord pour le projet de Village de Vacances
7 novembre 2008 - Ecomusée
Intervention de Jean-Claude MENSCH
Le conseil municipal dans un esprit de mesure, a souhaité faire respecter le droit, les textes, le SCOT, sans arrière pensée politicienne, sans invective.
Préserver le bien commun, le nôtre et à fortiori celui des générations futures, la forêt, sauvegarder notre passé minier, le carreau Rodolphe, transmettre le flambeau et se battre pour maintenir notre éco-système, le seul qui permettre à l’humanité de survivre (Plan climat).
Alors sans revenir sur l’historique, je tenterais de traduire ce mini parcours, ce « blitzkrieg », à travers une approche, une réflexion en dehors des sentiers battus.
Quand on est né sur ce territoire de chevalements, de terrils et d’embruns salés, quand on a vu pour la première fois la lumière du jour dans une maison de mine, qu’on a grandi dans une cité minière avec tout son environnement socio-éducatif et sportif et qu’on a vibré toute une vie au diapason de l’exploitation de la potasse, de la culture et de la tradition minière, oui on peut dire qu’on est ce « Cité Wagges », ce garnement dérangeur et perturbateur des habitudes bien établies du politiquement correct.
Mais aussi issu de cette génération qui a passé son enfance dans la forêt, cernant de toute part les colonies minières comme on les appelait à l’époque, construisant des cabanes dans les arbres, livré des batailles épiques contre les bandes rivales dans les clairières des ces vastes espaces boisés, imprégné des récits d’Ivanhoé et de Robin des Bois, oui, nous sommes ces bagarreurs, vauriens qui défendons becs et ongles ce territoire, cette richesse, cette biodiversité.
Ajoutons quelques ingrédients provenant de l’identification rurale, l’enracinement à la terre nourricière, de l’éducation militante riche et diversifiée du bassin potassique, de la JOC à la CGT et nous pouvons comprendre que de vilains petits canards, des polissons invétérés tels que Antoine, Martine, Pierre, Djamila, Monique, Bertrand, François, Jacques et tant d’autres se réunissent dans la cour de récréation, la cour des grands leur étant interdite… Ils s’en donnent à cœur joie en décochant allègrement des coups de pieds, à tour de rôle, dans la fourmilière des bien-pensants.
Alors arrive, non pas Zorro, mais le grand maître Jean-Marie qui siffle la fin de la partie de cette première et enrichissante récréation. Il met tout le monde en formation de bataille car d’autres échéances nous attendent dans le même registre, d’autres traités, d’autres pactes, d’autres conventions, d’importance capitale notamment celle concernant la vente des terrains d’assise.
Ainsi donc, l’inné et l’acquis, le vécu de notre enfance, des ces Wagges, des garnements de ce territoire, des enfants de la Potasse auront conditionné et guidé le comportement, tracé le chemin à suivre dans cette opération, ouvert la voie.
Désormais, nous pouvons sereinement, paisiblement, voluptueusement, continuer à nous imbiber de l’atmosphère forestière. Ces ressources là, au moins, ne seront pas hypothéquées pour nos enfants. Le carreau Rodolphe quant à lui mérite toute notre attention la participation totale et complète des mineurs doit être effective et réelle, je le dis avec force car déjà s’organisent des réunions restreintes.
Notre action, notre démarche trouve tout son sens dans la citation « Quand le passé n’éclaire plus l’avenir, l’esprit marche dans les ténèbres… »
Même si ces cancres (dont certains ne fréquentent pas assidûment les réunions de la CAMSA car craignant d’attraper ce mal contagieux et incurable « la réunionite ») ont réveillé le débat démocratique, ces petits derniers de la classe ont permis d’ouvrir les yeux, aux plus grands, sur des réalités simples, aujourd’hui tous les partenaires s’accordent sur ces points et nous offrons à Pierre et Vacances un incomparable atout commercial, ainsi qu’à notre population une forêt alluviale sanctuarisée.
Nous nous battrons également pour que toute la région se reconnaisse dans ce fleuron (sauvé de la démolition grâce à l’Ecomusée), le Carreau Rodolphe, témoignage de la seule industrie extractive de potasse en France, tout en attirant les touristes séduits par ce phare, cette cohérence architecturale unique en Europe."
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