Certains sont venus au spectacle de la disparition du chevalement Amélie, le coeur gros.
Certains en ont pleuré.Certains avaient la rage au coeur...
Voici le texte que j'ai lu, aux obsèques que ma soeur, Malou, ce vendredi. Raymond Henninger, curé de notre paroisse me l'a transmis, quand je lui ai parlé de l'agonie de ma soeur.
L’Adieu au visage
Ton visage, nous l’aimions ! On t’y voyait en entier
Il était la fenêtre qui ouvrait sur ta lumière.
Il était la porte qui nous invitait chez toi !
Ton visage d’amour : le voir nous suffisait,
Nous étions sûrs de ta tendresse
Et de l’offrande que tu faisais de toi,
Simplement, sans rien dire,
Pour nous donner du bonheur chaque jour.
Ton visage de colère face à la bêtise
Qui parfois semblait l’emporter
Dans les cœurs et dans le monde,
Ton visage de sourire éclairé d’une joie
Qui nous entraînait dans son soleil,
Ton visage de tempête
Lorsqu’en toi, comme en tout être,
S’affrontaient le désir de te dépasser
Et l’envie de te laisser aller,
Ton visage de silence avec ses secrets à chercher
Comme un trésor réservé à ceux qu’on aime.
Comme devant tous les visages de souffrance
Obstinément accrochés à l’espoir,
Mais sans relâche nous te donnions notre fidèle amour
Pour te soutenir et te préparer au difficile passage.
Nous aimions ton visage devant nous,
Ton visage de femme
Pour toujours à l’image et à la ressemblance de Dieu !
Maintenant il disparaît, ton visage !
Pour s’inscrire, invisible mais présent dans notre cœur.
Entre nous, il n’y aura plus de face à face
Jusqu’au jour où nous retrouvant tous sur l’autre rive
Nos visages seront transfigurés devant la face de Dieu.
A Dieu, ton visage !
C’est vers Dieu que désormais il sera tourné
En sa présence il trouve sa définitive beauté !